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Elle était là, assise sur le plancher de sa chambre sombre, volets clos et absence de lumière artificielle. Seule, elle avait pour habitude d'analyser sans cesse et de retracer certains pans de son existence. Elle adorait cette occupation, faire défiler sa vie, tel un film dans lequel elle incarnerait le protagoniste principal. Un film en noir et blanc.
Il y a peu de temps, cet exercice avait quelque peu dérapé...Tout s'était mélangé sans sa tête, tout s'était embrouillé dans son esprit. Elle savait qu'elle n'arriverait pas à se sortir seule de cette démence et n'avait aucunement l'intention de rester dans sa solitude. Seulement elle ne pouvait
leur parler,
leur faire part de son état, quelque chose en elle la retenait.
Pourtant
ils étaient tout le temps là pour elle et elle affectionnait
leur présence. Mais non , son cerveau ne contenait que d'ineffables pensées, elle ne parvenait pas à dialoguer avec
eux. Les seules paroles qu'elle dédaignait
leur offrir n'étaient que des crachats d'injures, d'horreurs mais qu'elle ne pensait pas. Qu'elle n'aurait jamais pensé. Des paroles qu'elle regrettait chaque fois mais elle ne s'arrêtait pas pour autant. Forcément
les autres avaient pris de la distance.
Ils ne venaient plus la voir, cela ne servait à rien, seulement à la mettre en colère. Mais elle ne supportait plus cette marginalisation.
Combien de fois avait-elle feint l'indifférence pour masquer son désespoir ? Mais maintenant, plus elle avait besoin des autres, plus elle les rejetait. Elle-même n'était qu'un paradoxe. Sa douleur était à présent perceptible et ne cessait de s'accroître de jour en jour, l'indifférence laissant bientôt place à la colère et à la méchanceté.
Une névrosée hystérique, voilà ce qu'elle était devenue. Et elle s'en rendait compte mais elle ne pouvait s'arrêter. Elle souffrait dans son esprit certes, mais aussi dans son corps. On ne comptait plus les contusions qu'elles s'était infligées. Dues aux coups de pieds dans les portes et les murs. Aux coups de poings aussi, et pas seulement...Ses yeux injectés de sang à cause de ses pleurs perpétuels et ses insomnies presque quotidiennes lui piquaient et lui faisait atrocement mal.
Cette frénésie maladive s'emparait d'elle de plus en plus vite. Mais toujours la même rengaine, elle ne pouvait
les supplier de l'aider, de lui apporter une quelconque aide. Elle voulait, elle devait mais n'y parvenait pas. Ces paroles qu'elles
leur jetait, ses phrases horribles et malveillantes, elle n'en pensait pas un mot. Combien de fois
les a-t-elle laissés sur le pas de sa porte,
les a-t-elle renvoyés,
leur a-t-elle à hurlé de dégager alors qu'au fond elle
les suppliait de rester ? Pourquoi tant de contradictions ? Elle n'en avait pas la moindre idée...
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